Exercice de l'OPC Voirons
23 Février 2005

Le Carnaval des EMS !

Le carnaval des EMS à se termine et, déjà, les images se pressent dans les têtes : Des aînés par centaines, déguisés, hilares ou les yeux mélancoliques, rieurs ou un peu bougons, des visages, des vies... .


La salle des fêtes de Thônex fut aujourd’hui transformée en haut lieu de la mémoire genevoise. Combien de bibliothèques derrière ces visages, combien d'histoires à conter à raconter, combien d'expériences? Jamais, sans doute, ces lieux n'ont été aussi riche d'humanité.

Mais les considérations sur le temps qui passe n'ont finalement que peu à faire dans notre histoire.
Car si cette manifestation est organisée, c'est parce qu'il est un droit imprescriptible, un besoin chevillé au cœur des hommes et des femmes et tous âges et de toutes conditions, celui de faire la fête, celui d'orner le fil des jours de retrouvailles, celui de s'inventer des rires et des danses, celui de la joie immédiate..

Alors on s'est attablé, on a parlé, on a observé, on s'est rappelé, et puis surtout on a dansé sur des musiques qui coulaient bien dans la mémoire. Des lèvres fredonnèrent des refrains qui n'ont plus d'âge, qui ont tous les âges, qui parlent droit au cœur.

Des connaissances se sont retrouvées. On s’est étonné, on s’est souri...

Et voilà qu’on se découvre de l'EMS voisin comme autrefois on était de l'école voisine. Les vies se frôlent, se content, la danse illumine les yeux. Il y a des souvenirs là-dedans, mais surtout la simple joie de l'instant. Reconnaître des gens que l’on a côtoyé, papoter, rigoler, médire un peu, apprécier. S’offrir quelques heures de bons souvenirs au sortir de l'hiver. Les sentiments battent les trois temps de la valse. C'est la vie, tout simplement, la vie qui se façonne au fil du temps, la vie qu'on se déguise à célébrer, la vie avec ses fêtes nécessaires, avec ses moments de joie qui mettent en parenthèse les peines et les soucis. C'est une bouffée d'air et c'est bon!

L'OPC Voirons était là. Renfort nécessaire et discret à la fois. Une heure plus tôt, dans les abris, Gérard Bourqui avait présenté aux personnes convoquées le détail de leur mission. Qu'allait-il se passer, qu'allait-il falloir faire? Faire que tout aille bien, simplement. Cela ne répond pas forcément à toutes les questions, mais en quelques minutes tout le monde, est à pied d’œuvre. Et les circonstances commanderont.

Et puis, une à une, les camionnettes arrivent dans le parking. Une poignée de main, un commentaire, une ironie. La glace se brise. Etre utile, ce n'est souvent pas grand-chose, c'est quelques pas côte à côte, c'est deux ou trois mots, un brin de causette, c’est être là, pour donner un coup de main parce que le temps qui passe empêche des gestes du quotidien, pose des barrières sur le fil des jours. Pas des murs infranchissables, non, de petites barrières désagréables qu'on ne peut franchir qu’avec un brin de solidarité. C'est le mot de la journée, solidarité.

Pour les recrues de l'OPC Voirons, c'est un peu d'émotion et un peu de fierté, une journée forte et gratifiante dont on ressent immédiatement les effets.

Car au-delà des catastrophes, des urgences qui mobilisent des bras et des forces, il est de ces petites actions, ces légères touches de couleur au fond du paysage qui donnent toute l'harmonie au tableau. Dans notre monde où l'individu somnole d’indifférence, ces quelques pas au bras d'un aîné, cette chaise que l'on présente, ce bras qui aide à se relever, c’est une évidence et une nécessité.

Quelques sourires encore, quelques notes de musique. La fête se termine. Un peu de fatigue, parfois. On était heureux d'être là.


Michaël Perruchoud
Responsable de l'information OPC Voirons